Les livres jeunesse sont-ils violents ?

La sortie du dernier tome de la trilogie Hunger Games relance le débat sur la violence dans la littérature jeunesse car aux USA,  la trilogie se classe en 5ème position du classement des livres les plus violents, classement établi par l’American Library Association .

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Comment déterminer le degré de violence contenu dans un livre ?

 Si l’on se cantonne à l’aspect littéraire, le premier élément de réponse venant à l’esprit est en relation avec les descriptions. « Peeta est en train de se faire torturer -noyé, brûlé, lacéré, électrocuté, mutilé, battu-tandis que le Capitole cherche à lui arracher des renseignements sur une rébellion dont il ignore tout. »( Hunger Games 3)

Certains disent que la lecture n’a pas le même impact sur l’esprit que la vue. Ainsi,  lire un récit de bataille ou le regarder (sous la forme de film) n’est pas perçu de la même façon. Mais est-ce une raison pour s’épancher sur les dégâts causés par l’explosion d’une bombe ? Et puis, n’oublions pas que de nombreux romans actuels sont filmisés.

D’autres remarquent que le lecteur fait très bien la différence entre l’horreur d’un récit fictif et celle d’un récit réel. En fait, des études ont été conduites pour calculer l’impact des jeux vidéo violents sur les jeunes mais aucune ne semble s’être attachée au rapport entre littérature violente et vie quotidienne. N’y aurait-il aucun lien entre les deux ?

Le deuxième élément à considérer est lié à la violence psychologique. Le lecteur est parfois confronté, sans y être préparé, aux dilemmes moraux qui se posent aux héros. La lecture peut être alors ressentie comme une agression et déstabiliser totalement le jeune. Ai-je le droit de tuer pour survivre ? C’est la grande question de « la fin justifie-t-elle les moyens » qui est posée brutalement et mise en scène.  D’où l’importance à porter à l’âge conseillé pour la lecture. Hunger Games 3 comme La Forêt des Damnés sont recommandés par l’éditeur à partir de 12-13 ans. Le jeune collégien se retrouve face à une problématique donné à des héroïnes de 16 ans. Même si certains enfants font preuve d’une grande maturité, n’est-ce pas un peu tôt ?

Le troisième élément de la réponse est en relation avec ce que les jeunes attendent de leur lecture. Les éditeurs cherchent à plaire pour vendre et ils sont donc à l’écoute de leur lectorat. Or, les jeunes aiment la violence. Le monde actuel leur apparaît comme dur et exigeant. Aussi, découvrir des héros confrontés à des situations anxiogènes leur permet de s’endurcir, leur apprend à surmonter leurs propres craintes, les rassure en leur démontrant qu’ils ne sont pas les seuls à hésiter, se tromper, souffrir. En un mot, cette violence peut les amener à réfléchir !

Alors, puisque ces romans violents existent, qu’ils sont clairement identifiés par les critiques, il convient de s’assurer que leur lecture est adaptée à celui qui souhaite les lire.

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